Il y a plus de 10 ans, je ne savais pas encore que la respiration, la langue et les muscles du visage allaient devenir le cœur de mon métier.
À ce moment-là, je voulais tout arrêter.
J’étais kinésithérapeute, diplômée d’un master en physiothérapie en République tchèque. Pendant mes études, on nous apprenait une chose essentielle : réfléchir. Comprendre le patient dans sa globalité. Chercher la cause, pas seulement traiter la douleur.
Puis je suis arrivée en France. Et là, quelque chose s’est cassé.
On n’attendait pas de moi que je réfléchisse. On attendait que j’exécute.
Les patients venaient plusieurs fois par semaine, souvent pour être soulagés sur le moment… mais sans réelle envie de changer quoi que ce soit dans leur quotidien. Je ne juge pas — mais ce n’était pas pour ça que j’avais fait 5 ans d’études.
Je voulais aider. Vraiment. Et durablement. Alors j’ai commencé à me dire que je m’étais peut-être trompée de voie.
Une rencontre inattendue
C’est à ce moment-là qu’une podologue me parle d’un orthodontiste qui cherchait des kinés pour “rééduquer la langue”. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire.
Mais j’ai dit oui. Cette rencontre a tout changé !
Le jour de ma première formation en rééducation oro-myofonctionnelle, j’ai eu l’impression qu’un nouveau monde s’ouvrait devant moi. Et surtout… j’ai commencé à me comprendre moi-même.
Ce que je n’avais jamais relié avant
Depuis mon enfance, j’étais une respiratrice buccale. J’avais :
- des otites à répétition
- des sinusites fréquentes
- une fatigue constante
- des maux de tête
- des difficultés de concentration
- un sommeil non réparateur
- et même des épisodes d’énurésie
J’ai été opérée plusieurs fois. J’ai passé une grande partie de mon enfance entre médecins, hôpitaux et traitements. Et pourtant… personne n’a fait le lien.
Quand j’ai découvert que la respiration, la position de la langue et la bouche ouverte pouvaient expliquer tout ça, j’ai eu du mal à y croire.
C’était trop simple. Pourquoi on n’en parlait pas davantage ?
J’ai décidé de tester sur moi-même
Je me suis formée. J’ai appliqué tout ce que j’apprenais. Et progressivement, tout a changé.
Je n’ai plus eu de problèmes ORL.
Je me suis mise à mieux dormir.
Je me suis réveillée sans fatigue, sans brouillard mental.
Pour la première fois, j’ai découvert ce que ça faisait de se sentir vraiment bien.
Pourquoi je fais ce métier aujourd’hui
Aujourd’hui, j’accompagne des adultes qui souffrent de :
- fatigue chronique
- ronflements
- apnées du sommeil
- sommeil non réparateur
Mais surtout, je me bats pour les enfants. Parce que ce que j’ai vécu aurait pu être évité.
Un enfant qui respire mal, ce n’est pas anodin.
Son cerveau a besoin d’oxygène pour se développer correctement.
Les recherches le confirment : les troubles respiratoires du sommeil peuvent impacter les fonctions cognitives et le développement. Et pourtant, on continue souvent à banaliser :
“Ce n’est pas grave s’il ronfle.”
Si. Ça peut l’être !
Ce que j’aimerais que vous reteniez
Apprenez à observer :
- Une bouche souvent ouverte
- Un enfant qui ronfle
- Un sommeil agité
- Une fatigue inexpliquée
Ce sont des signaux. Et surtout : n’attendez pas.
La prise en charge existe. Elle est souvent simple, peu coûteuse, mais demande une approche globale et une collaboration entre professionnels. Aujourd’hui, si je fais ce métier, ce n’est pas un hasard. C’est parce que j’ai été cette enfant qu’on n’a pas su aider.
Et que je veux que d’autres aient une autre histoire.

